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Être heureux : 9 principes de la philosophie stoïcienne facilement applicables aujourd’hui

En lisant le manuel d’Épictète, qui est un regroupement de notes sur la philosophie de ce denier (le stoïcisme), j’ai été étonné par le fait que les concepts simples et pragmatiques du livre sur le bonheur, la société et la vie s’appliquent encore aujourd’hui (voire même plus particulièrement aujourd’hui !).

En effet, dans une société où tout s’accélère, où nous avons tout le superflu mais pas l’essentiel, il est surprenant de constater comme ces conseils sont toujours d’actualité.

Dans cet article, je vais essayer de résumer 9 principes pragmatiques et facilement applicables au quotidien inspirés de la philosophie stoïcienne.

Mais d’abord, quelle est la thèse principale de cette philosophie ?

Homer Simpson penseur être heureux

Séparer les facteurs que nous contrôlons de ceux que nous ne contrôlons pas.

Dès le départ, le principe le plus important est exposé.

La première phrase du livre est : « Partage des choses: ce qui est à notre portée, ce qui est hors de notre portée. »

Autrement dit, de toutes les choses qui on une influence sur nous, il y en a certaines que nous pouvons contrôler, par exemple :

  • Notre pensée
  • Notre façon de percevoir les choses
  • Notre façon de dépenser notre temps, notre argent

D’autres par contre sont hors de notre contrôle, par exemple :

  • Le temps qu’il fait
  • Nos talents naturels
  • Ce que les autres pensent de nous

Il s’agit donc de constamment se poser la question pour toute chose si elle est « à notre portée », ou bien « hors de notre portée ». Cette séparation parait évidente aux premiers abords mais elle n’est pas si facile à faire en réalité. Pourtant, il est crucial de faire cette différence (on va voir pourquoi juste après).

En résumé, le stoïcisme oppose le profane (celui qui n’attend jamais de bienfait ou de dommage de lui-même, mais des choses du dehors) et le sage (celui qui attend tout bienfait ou dommage seulement de lui-même).

« C’est un signe de mauvaise disposition naturelle que de passer son temps à ce qui touche au corps, ainsi faire constamment de la gymnastique, manger constamment, constamment boire, constamment aller à la selle, faire l’amour.
Mais tout cela, il ne faut le faire qu’à titre accessoire; que toute l’attention cependant retourne sur la pensée. »

Manuel d’Épictète, XLI

1- Réalisez ce que vous avez déjà, et ne le considérez pas comme acquis.

Le fait d’être toujours dans l’attente ou le désir de quelque chose nous fait souvent oublier là chance que nous avons déjà.

En effet, nous nous plaignons des transports en commun, de notre patron, des voisins… nous vivons dans le désir permanent de gagner plus d’argent, d’acheter ce nouveau smartphone, cette nouvelle voiture… et cela ne nous rend pas plus heureux.

Prenez 5 minutes, et listez ce que vous avez la chance d’avoir dans votre vie, que ce soit votre famille, vos amis, votre travail, le foyer depuis lequel vous lisez ces lignes, la chance de manger à votre faim, d’avoir un bon état de santé et de ne pas vivre dans un pays en guerre…

Souvent pourtant, ce n’est pas facile de se rendre compte de la chance que l’on a déjà, car nous considérons toutes nos habitudes et nos modes de vie comme acquis. Alors, on ne se rend compte de la valeur des choses que nous avons qu’en les perdant.

Alors comment peut-on se rendre compte de ce que nous avons déjà ? En s’en privant volontairement et temporairement, afin de créer artificiellement ce manque, suivi du soulagement de retrouver cette chose.

Par exemple, se séparer pendant un certain temps de ses proches pour réaliser le manque occasionné, ou se priver volontairement de manger pour réaliser la chance de pouvoir le faire d’habitude (les jeûnes pratiqués dans plusieurs religions en sont un exemple).

2- N’ayez pas de trop hautes attentes.

Avoir de trop hautes attentes de nos projets, des autres et de la vie en général ne fait qu’augmenter nos chances de déception. Attendez-vous donc toujours au pire dans ce qui est incertain, et vous ne serez jamais déçus.

Par exemple, avant de vous lancer dans un projet, listez les inconvénients que cela aura: le temps qu’il faudra passer dessus, les sacrifices qui devront être faits, les engagements à respecter, etc.

Imaginez la situation dans le pire cas, en cas d’échec total du projet, cela aura-t-il quand même valu la peine, en tirez-vous un quelconque bénéfice (ne serait-ce que de l’expérience, une histoire à raconter) ?

Si après avoir considéré tout ceci vous êtes toujours prêts à continuer, foncez !

Quand on vous promet quelque chose, partez du principe que la promesse ne sera pas tenue. Si elle l’est, c’est un bonus !

3- Réalisez que vous êtes votre pire (et seul) ennemi.

Ce ne sont pas les choses qui nous troublent, mais les évaluations que nous portons sur ces choses.

Nous n’avons pas peur d’un animal sauvage parce qu’il est terrifiant, mais c’est le fait que nous le considérons comme terrifiant qui fait que nous avons peur.

En résumé, toute perception de mal ou de bien vient de notre choix d’interprétation. En choisissant de voir les choses sous un angle plus positif, nous aurons ainsi une expérience plus agréable de la vie.

4- Ne vous préoccupez pas tant du regard des autres.

Le regard ou l’avis d’autrui fait partie des choses que nous ne contrôlons pas. En être dépendant est donc s’aliéner soi-même.

L’impact de l’avis des autres (qu’il soit positif ou négatif) est proportionnel à l’importance qu’on lui apporte.

Par exemple, si quelqu’un vous fait vous offense avec une insulte, ce n’est pas l’insulte qui vous offense en réalité, mais la manière dont laquelle vous avez choisi d’interprêter cette insulte.

Comme l’a dit Eleanor Roosevelt, « Personne ne peut vous faire vous sentir mal sans votre consentement« .

Tout jugement porté par quelqu’un d’autre sur vous ne l’est qu’a travers la vision imparfaite de cette personne. Ainsi quand quelqu’un vous fait du tort ou vous heurte verbalement, pourquoi vous vexer si vous savez que ce jugement n’est porté que sur la manière dont vous avez laissé apparaître les choses et non sur ce que vous êtes réellement ?

Daffy Duck vindicatif

5- Ne conditionnez pas votre bonheur aux choses extérieures mais aux choses intérieures.

Nos possessions matérielles, notre apparence physique, l’opinion qu’ont les autres de nous, notre statut social… tout cela peut conditionner notre bonheur mais appartient aux choses « extérieures » que nous ne contrôlons pas.

Il ne faut donc pas que notre bonheur dépende uniquement de ces choses mais soit basé sur la fondation solide des choses que nous contrôlons, comme notre vision du monde, nos croyances, nos valeurs, nos actes.

Ce concept est vraiment à la base du stoïcisme.

6- Relativisez !

Relativisez vos soucis quotidiens, qui ne sont souvent rien comparés à ce qu’endurent d’autres.

Souvenez-vous que vous pouvez mourir à chaque instant, et profitez un maximum de ce que vous avez déjà avant qu’il ne soit trop tard.

7- Persévérez.

« Si tu désires la philosophie, alors prépare-toi aux rires, au moqueries du grand nombre. […] tiens-toi à ce qui te parait le meilleur. Si tu persévères dans le même sens, ceux qui d’abord riaient de toi en viendront à t’admirer [mais si tu es plus faible qu’eux, tu attireras la dérision]. »

Manuel d’Épictète, XXII

Si vous décidez d’entreprendre quelque chose, n’espérez pas de résultats immédiats et soyez persistants !

N’attendez pas des résultats pour continuer, mais continuez tant que vous n’avez pas de résultats.

Si vous désirez entreprendre une chose nouvelle, préparez-vous aux rires et aux moqueries. En effet, les gens aurons tendance à vous sous-estimer ou à considérez votre entreprise folle si elle est ambitieuse, mais vous seuls avez votre plan en tête !

Arthur Schopenhauer a dit de toute vérité qu’elle est d’abord ridiculisée, puis contestée farouchement, pour enfin être acceptée comme une évidence. Cette citation est applicable à un nombre incalculable de cas réels.

Un exemple concret est l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en 2016. On peut approuver ou condamner la politique de ce dernier, mais concentrons-nous plutôt sur les étapes qui on marqué sa campagne: quand il a annoncé sa candidature à la présidence des États-Unis, personne ne l’a pris au sérieux : un business man et personnage de la télévision qui se convertit soudain à la politique ? Certains médias ont même pensé qu’il s’agissait d’une blague.

Donald Trump moqué

Alors qu’il gagnait en popularité aux sondages et devenait dangereux, la plupart des hommes politiques et médias se sont farouchement opposés à lui, en le décrivant comme inapte à gouverner. Des titres comme « Tout sauf Trump » faisaient la une.

Donald Trump constesté

Cependant, comme vous le devinez, cette forte opposition n’a fait qu’alimenter la campagne de Trump, en le faisant passer au premier plan de la scène médiatique et surtout en le crédibilisant en tant que candidat potentiel à la présidence: maintenant, on ne se moque plus de lui, mais on le considère comme un candidat à part entière.

Enfin, une fois qu’il a été élu, sa victoire a été acceptée de fait, comme un échec de la campagne d’Hillary Clinton et du système électoral américain. Certains ont même déclaré qu’il était peut être finalement l’option la moins désastreuse pour les États-Unis.

Donald Trump élu
Ici, on voit clairement le passage par l’étape initiale de dérision, puis de critique, puis enfin d’acceptation.

Alors foncez vers votre objectif ! Si vous l’on se moque de vous, c’est bien ! C’est que vous avez franchi le premier pas et que vous vous êtes au moins lancés.

Si l’on se met à vous critiquer sérieusement ou qu’on s’oppose à vous, c’est mieux ! Vous êtes à la deuxième étape: on vous considère comme une « menace crédible » capable d’accomplir ce que vous aviez promis.

Il ne vous reste plus qu’à persévérer jusqu’à atteindre votre objectif et qu’il soit accepté comme la nouvelle norme !

Il en va de même pour tout autre projet ou changement dans votre vie (faire des études, arrêter de boire, commencer un sport, etc.).

8- Jugez moins.

En portant des jugements de valeur sur les choses ou les personnes qui nous entourent, nous nous plaçons dans une position supérieure que nous n’avons pas lieu de tenir.

Ainsi, il ne faut pas dire « Je suis plus riche donc je te suis supérieur » mais « Je suis plus riche, donc mon avoir est supérieur au tien ».

De même il ne faut pas dire « Je suis plus éloquent, donc je te suis supérieur. » mais « Je suis plus éloquent donc mon art de parler est supérieur au tien. »

Car nous ne nous résumons pas à nos possessions ou à notre éloquence. Donc en jugeant quelqu’un meilleur ou moins bon dans un domaine il faut réaliser que cela ne s’applique qu’à ce domaine précis et pas à la personne entière.

En jugeant moins les autres, on se compare moins à eux, et on se juge donc moins soi-même.

« Ne blâme personne, n’adresse d’éloge à personne. »

9- Appliquez !

Il ne sert à rien de savoir sans appliquer. Par exemple, on peut savoir pourquoi il ne faut pas mentir, et maîtriser la démonstration de pourquoi il n’est pas bon de mentir, mais pour autant toujours mentir au quotidien.

L’essentiel est pourtant d’appliquer ce que nous savons sans quoi ce savoir n’existe que dans notre esprit.

Alors mettez en pratique ce dernier conseil en mettant en pratique les autres !

« Savoir n’est pas suffisant, nous devons appliquer. » Léonard de Vinci.

« Le but de l’éducation n’est pas la connaissance mais l’action. » Herbert Spencer.

« Car si j’admire l’explication au lieu de l’appliquer, qui suis-je d’autre qu’un grammairien ? » Épictète.

Bibliographie

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/epictete/manuel.htm